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Jeudi 27 novembre 2003
Samia Achour
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C'est devant un public venu nombreux et sous une surveillance policière renforcée que s'est ouvert mercredi le procès en correctionnel des 7 jeunes accusés d'avoir tenté en avril 2002 de faire exploser l'oratoire d'un cimetière juif de Strasbourg.
Les 7 prévenus âgés de 20 à 23 ans comparaissent pour " tentative de destruction volontaire par moyen de nature à créer un danger pour les personnes ". Le 5 avril au matin, un extincteur bourré d'explosif avait été découvert dans le cimetière orthodoxe juif d'Etz-Hayim à Strasbourg.
La majeure partie des protagonistes, qui se présentent libres à l'audience sauf deux condamnés dans d'autres affaires, n'ont pas été très loquaces. Dans une sorte de confusion, ils se sont contentés de se décharger de leur responsabilité, en livrant des versions contradictoires ou en revenant sur de précédents aveux.
Ainsi, Adel Lahrech, que les policiers considèrent comme " le meneur " minimise sa participation et raconte qu'il s'est contenté de sortir l'extincteur dissimulé dans un local poubelle. Rachid Bouali, qui a conduit les protagonistes et leur " bombe " jusqu'au cimetière, assure qu'il ignorait tout de ce qui se préparait:
" J'ai transporté l'extincteur jusqu'au parc de la bergerie. Mais je n'étais pas là pendant les préparatifs. Je ne savais pas que c'était un explosif. " explique-t-il aux magistrats qui ne semblent guère convaincus par ses arguments.
Les autres prévenus qui vont se succéder tour à tour à la barre ne sont guère plus éloquents :
Ainsi, Naïm Serredine affirme " J'étais présent simplement comme spectateur ". Devant la pauvreté de son exposé, le Président Stephanus se contente d'un long hochement de tête.
" Pourtant, pendant votre garde à vue vous avez décrit avec minutie la fabrication de l'engin explosif " souligne le magistrat.
" J'ai dit cela, j'ai inventé cette histoire pour qu'ils me relâchent " répond Naïm.
Le reste des auditions est de la même trempe. Ce qui a le don d'énerver le procureur adjoint de Strasbourg. Brice Raymondeaud-Castenet perd patience : " Ils ne reconnaissent que ce qu'ils ne peuvent pas nier " tempête ce magistrat. " Ils se mettent en cause les uns-les autres puis se rétractent. C'est un marché général " lance-t-il pendant ses réquisitions. " On ne fabrique pas un engin explosif comme ça " conclut le procureur avant de réclamer 3 et 4 ans de prison ferme à l'encontre de 6 prévenus et s'en remettant pour le septième à la décision du tribunal. Le juge réclame même un mandat de dépôt contre " le cerveau ", Adel Lahrech, et contre " le chauffeur " Rachid Bouali. Des réquisitions qui ont satisfait l'ensemble des parties civiles qui ont estimé que le parquet n'avait pas " minimisé " l'important de l'acte.
Les avocats des prévenus ont une lourde tache et tentent de minorer la portée de l'acte antisémite en plaidant que leurs clients n'étaient que des " apprentis terroristes " influencés par le conflit au Moyen-Orient et par la situation des palestiniens.
" On parle d'attentat et de terroriste, mais quel amateurisme ! " plaide Me Bettcher.
Pour Me Vialle, il s'agit d' : "un jeu stupide de désœuvrés. Mais Strasbourg n'est pas Jérusalem et l'Alsace pas la Palestine ".
Me Metzger et Me Gouichoux préfèrent quant à eux, insister sur le manque de preuves établissant de façon définitive, l'implication et à la responsabilité des auteurs respectifs: Pour le premier, ce dossier reste " flou " et quant au second, il souligne que les " réquisitions du procureur sont uniquement basées sur le contexte. "
Le verdict est attendu dans la soirée.
Pour aller plus loin :
Les dernières nouvelles d'Alsace (DNA)
L'Est Républicain
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