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Procès
Un moine aux assises pour le viol d'un handicapé
Ouverture mercredi devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône du procès d'un moine du monastère d'Arles accusé d'avoir violé un novice handicapé. A ses côtés dans le box, un employé du prieuré qui comparaît pour complicité de viol.
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Mardi 18 novembre 2003
Rachid.B
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Tout débute, par un courrier envoyé le 20 juillet 2001, au procureur de la république de Nîmes. Dans cette lettre, David un jeune handicapé explique que désirant devenir moine, il a été accueilli au prieuré Notre-Dame-des-Champs à Arles. Or souligne-t-il, pendant qu'il était pensionnaire, entre 1996 et 1997, le père supérieur du monastère, Auguste Woestelandt l'aurait abusé sexuellement.
Le novice affirme que ce moine bénédictin de 68 ans aurait profité de ses crises d'épilepsie pour s'introduire dans sa chambre et lui faire subir attouchements sexuels et viols. Parfois, écrit le jeune homme, il était aidé par un employé du prieuré, Philippe Boningue.
Le parquet ouvre une information judiciaire et une enquête policière débute aussitôt.
Devant les policiers médusés, David confirme ses accusations. Interrogé sur la raison d'une dénonciation aussi tardive ( soit quatre ans après les faits), il affirme qu'il se trouvait trop " honteux " pour raconter ce qu'il avait subi et qu'il craignait que le " père Auguste " le fasse interner.
Renonçant à sa vocation ecclésiastique, David quitte le prieuré et décide de se confier à ses parents. Ces derniers hésitent avant d'intenter une action judiciaire. Ils redoutent que la parole d'un handicapé ne fasse pas le poids face à celle du père Auguste, honorablement connu dans la région.
En effet, leur fils souffre depuis toujours d´épilepsie, de troubles neurologiques et psychiatriques. Malgré tout, ils alertent l´évêque d´Aix, Monseigneur Bihet, aujourd'hui décédé ainsi que Michèle Adda, la juge chargée de la tutelle de David. Aucune suite n'est donnée. La magistrate de Valence assure avoir alerté le procureur toutefois, aucun signalement n'a été retrouvé.
En fait, le dossier montre que les parents de David ne s'étaient pas trompés et que les autorités saisies n'ont accordé aucune foi aux propos de leur fils considérant qu'il présentait des troubles graves de la personnalité et des bouffées délirantes.
Pourtant lors de l'instruction, les experts psychiatres qui examinent la victime présumée concluent que le jeune novice ne présente aucun trouble du jugement, qu'il est psychiquement crédible et que son récit est " globalement plausible ". Des expertises médicales constatent sur le corps de David des séquelles physiques : une "béance anale" qui peut résulter de relations nombreuses et répétées et être tout à fait compatibles avec des viols.
Lors de sa garde à vue, le complice présumé du père Woestelandt, Philippe Boningue, 41 ans, déclare qu'il a effectivement, assisté à deux viols et qu'une fois, il a tenu les bras de David pendant que le moine le sodomisait. Des aveux sur lesquels il reviendra pendant l'instruction affirmant qu'il voulait simplement " sauver sa peau ". En effet, ce dernier déjà condamné à 6 ans d'emprisonnement pour le viol d'un jeune garçon de 8 ans était en liberté conditionnelle au moment des faits.
Entendu, l'accusé, Auguste Woestelandt nie tout et assure être victime d'un complot même s'il reconnaît ses penchants homosexuels. Il admet s'être rendu dans la chambre de David pour lui porter assistance lors de ses crises d'épilepsie. Il reconnaît quelques " chatouilles " et peut-être " un effleurement involontaire de son sexe ". Mais pour lui, les déclarations de David ne peuvent avoir de poids parce qu'il est peu probable que le jeune homme ait pu conserver des souvenirs lors de ses crises. Un neurologue estime pourtant que ceci n'est pas " impossible " surtout que selon la victime, les faits incriminés se sont déroulés après les crises.
Placé en garde à vue, le père Auguste est écroué en décembre 2001. Un emprisonnement qui a l'effet d'une bombe. Durant l'instruction, la résistance monastique s'organise : ainsi, le second du père Woestelandt n'hésite pas à faire des pressions sur tout témoin hostile au violeur présumé. Selon le journal Libération, ce collaborateur dévoué écrit même à Philippe Boningue également incarcéré pour qu' " il s'accuse des viols afin d'innocenter le père : "Dis la vérité humblement, en comptant sur nos prières." Pas très convaincu par l'argument, le complice ignore cette requête.
Renvoyé devant la cour d'assises, le moine est accusé de "viols commis sur personne particulièrement vulnérable par auteur ayant autorité sur la victime". Maître Michel Allio assurera sa défense.
Quant à Philippe Boningue qui comparaît pour "complicité de viol" en "état de récidive légale", il sera défendu par Maître Michel Daillet.
Les parties civiles seront assistées par Maître Jean Chevais.
L'avocat général, Gilles Rognoni représentera le ministère public.
Le procès doit durer jusqu'au vendredi 5 décembre.
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